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JEUNES ET ADULTES : TOUS ACTEURS DE LA PREVENTION DU SUICIDE

Comment relayer ?

Ligne d’écoute : 0800 32 123
Entretien en cas de crise suicidaire : Le Centre de Prévention du Suicide propose un soutien psychosocial gratuit de la personne en crise suicidaire et de son entourage. Prendre contact au 0491.37.06.72
Numéros utiles

 

Le directeur du Centre de Prévention du Suicide, Tomas Landaburu, a été interviewé hier au sujet du suicide d’une adolescente malaisienne. La jeune fille avait réalisé un sondage sur le réseau social Instagram pour demander aux utilisateurs de choisir entre sa vie ou sa mort. A l’heure actuelle, les détails sur le nombre de votes pour la mort ne sont pas clairs mais il semblerait que plus de la moitié aurait voté en ce sens.

Cette situation créée l’incompréhension et le choc. Cela pose bien sûr beaucoup de questions sur l’utilisation des réseaux sociaux, la responsabilité de chacun, les idées reçues sur le suicide et le relai vers les services adéquats.  

Faut-il en parler ? Nous pensons que oui. Cette situation n’est pas anodine et il faut pouvoir la comprendre pour assurer une meilleure prévention du suicide.

Il est important de se rappeler que le suicide est multifactoriel. Il dépend donc de plusieurs causes.
Dans le cas de cette jeune fille, nous pensons que les réactions à son sondage ont pu agir comme un élément déclencheur du suicide mais que la jeune fille avait déjà des pensées suicidaires.

Nous souhaitons attirer l’attention sur la nécessité de la présence d’adultes pouvant relayer, alerter et signaler les services nécessaires en cas de crise suicidaire de jeunes.  
De manière concrète, cela demande que l’adulte soit au courant de ce qui se passe. Il faut donc que le jeune puisse entamer un dialogue aussi bien à la maison qu’à l’école avec un adulte en qui il a confiance. Le jeune doit pouvoir lui dire s’il a un malaise ou s’il a constaté quelque chose d’alarmant autour de lui.

L’adulte doit également comprendre comment le jeune utilise les réseaux sociaux et comment il vit cette expérience. Il n’est pas question ici de tout modérer ou contrôler (presque impossible de nos jours) mais de pouvoir agir comme guide et référence. De fait, l’adulte peut insister sur l’importance des mots, parfois durs, qui ont un impact réel sur les personnes derrière les écrans.

Les relations que le jeune entretient avec ses pairs sont aussi très importantes. Un jeune qui a des envies suicidaires et qui cherche encore son identité peut via ses amitiés trouver les ressources dont il a besoin pour traverser une crise suicidaire. Ses amis peuvent aussi agir comme relai car le jeune ne sera plus isolé.

Enfin, une prise de conscience plus générale doit être faite : les appels à l’aide doivent être pris sérieusement. Une idée reçue est que la personne ne serait pas sérieuse et qu’elle chercherait simplement à attirer l’attention sur elle sans avoir intention de passer à l’acte. C’est faux et dangereux de le croire : 75% des personnes décédées par suicide l'avaient annoncé. Quasi personne ne se suicide sans avoir fait connaître son désespoir à quelqu'un.

A nous d’écouter, d’alerter, signaler et relayer que ce soit sur les réseaux sociaux, à la maison, à l’école, …  

Jeunes et adultes : nous sommes tous acteurs de la prévention du suicide.