Éthique de la prévention
Le passage à l'acte suicidaire est avant tout une manifestation extrême de la souffrance existentielle, une souffrance insupportable à laquelle l'individu veut mettre un terme à tout prix, y compris celui de sa vie.
La prévention du suicide consiste d'abord à offrir à toute personne en crise ou en questionnement des possibilités de communication et d'expression. Le but est d'instaurer une relation dans laquelle la souffrance peut s'exprimer et être entendue.
Pour qu'une personne puisse donner un sens à son geste suicidaire, il importe de ne pas le juger. Même si la personne ne sait pas pourquoi elle est passée à l'acte, aucun acte humain n'est insensé. Cette attitude de non-jugement implique de renoncer à vouloir tout comprendre et aussi tout résoudre.
Face à une personne en souffrance, il s'agit, en tant qu'intervenant, de s'engager dans la relation, d'occuper pleinement son espace et sa parole, en ne trichant ni sur ses limites, ni sur les limites du cadre dans lequel on agit.
Il s'agit de rejoindre la personne en souffrance là où elle est, en l'aidant à porter d'autres regards sur sa situation, tout en misant sur ses forces et son potentiel, sans décider à sa place ni chercher à résoudre ses problèmes sans sa participation.
Toute personne étant membre d'un réseau familial et social, l'intervention prendra en compte cette dimension et proposera de travailler aussi, le cas échéant, avec son entourage.
Chaque personne est appréhendée dans son intégralité et sa singularité, au-delà de ses difficultés. Ainsi, la personne n'est pas réduite à sa seule symptomatologie suicidaire.
