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Rapport d'activités

"Il arrive qu'un individu devienne le centre de votre vie, sans que vous ne soyez lié à lui ni par le sang ni même parfois par l'amour, mais simplement parce qu'il vous tient la main, vous aide à marcher sur le fil de l'espoir, sur la ligne tremblante de l'existence."

Fatou Diome "Le Ventre de l'Atlantique"

Dans une récente interview, Boris Cyrulnik déclarait que « le bonheur et le malheur ne s'opposent pas mais se complètent, eux, comme le jour et la nuit. L'inverse de leur indissociable couplage est la mort affective, l'indifférence. Attachement et amour ne peuvent se développer que si nous avons connu la souffrance et le retour à la sécurité. Le couple bonheur-malheur fonctionne comme une manivelle en croix que vous utilisez pour changer les roues de votre voiture. D'un côté vous tirez vers le haut, de l'autre, vous poussez vers le bas, et un observateur étourdi pourrait s'imaginer que ces deux gestes sont contradictoires alors qu'ils constituent un seul et même mouvement. Le bonheur et le malheur ne sont pas extérieurs au sujet. Ils sont le sujet. C'est dans la résistance au malheur que les humains s'associent, se protègent les uns des autres, construisent des abris, découvrent le feu, luttent contre les animaux sauvages...et connaissent finalement le bonheur d'avoir triomphé de leurs peurs. Le bonheur de vivre vient de ce que l'on a triomphé du malheur de vivre. »

Quand on est amené à traverser des tempêtes tempétueuses dans la vie, de celles qui secouent tellement notre bateau de vie, nous donnant la peur au ventre, la nausée, le désespoir, il nous arrive de nous sentir comme extérieur à nous. Un corps, comme séparé de la tête où les manifestations physiques sont les seules existantes pour murmurer, dire, crier notre inconfort, nos tristesses, nos souffrances. Comme si tous les sentiments restaient bloqués quelque part entre notre estomac et notre gorge, sans arriver à notre cerveau, sans parvenir à se dire, sans parvenir à sortir.

Une fois ces moments de stupeur passés, une fois que l'on a en quelque sorte repris pied, il peut nous arriver de nous dire : Je suis une autre, tout en étant fondamentalement moi-même, en ne sachant pas encore exactement qui est cette Femme/Homme-là.

Tel un funambule, l'équilibre est précaire pour ne pas tomber dans les extrêmes du noir et du blanc, de l'angélisme ou de l'exclusion, des ténèbres et de la lumière aveuglante. Le travail est peut-être de se rapprocher plus du yin et du yang, un peu de blanc dans le noir et un peu de noir dans le blanc. Soit faire preuve d'un peu plus de nuances.

Dans la vie, les coups durs, les coups de blues, les coups de foudre, les coups de canif, les coups du sort, les coups de chance sont tous autant d'épreuves qui nous amènent à nous adapter, à nous transformer, à nous réinventer.

« Des chevaux ailés tirent l'attelage de l'âme dans des directions opposées pour le faire pourtant avancer sur un même chemin, écrivait déjà Platon dans Phèdre. » (Boris Cyrulnik)

Stéphanie De Maere - Directrice 2016