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Centre de prévention du Suicide

Conférence d'Anne Morelli

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"Qu'est-ce qui fait vivre?"

Quelque peu désarmée face à la thématique du suicide, Anne Morelli s'est tournée d'abord vers la biologie et s'est intéressée à ce qui nous fait vivre.  En tant que mammifère, nous sommes programmés pour nous reproduire et élever nos enfants jusqu'à l'âge adulte.  Pourtant, cet instinct de survie se contredit tous les jours, car l'être humain est aussi un être social, qui peut décider de ne pas se reproduire... ou de mettre fin à ses jours.

Athée convaincue, Anne Morelli ne croit pas à une vie dans l'au-delà. Elle croit donc qu'il faut remplir au mieux la vie qui est la nôtre, ce qui est déjà une raison de vivre.

Elle nous présente ensuite deux éléments majeurs nous faisant vivre : ce qu'on pourrait définir d'une part comme la « joie de fonctionner » ou « funktion-lust » et d'autre part, l'attente du plaisir. Le premier aurait pour source de satisfaction la joie d'exercer ses facultés, de bien accomplir ses tâches, tandis que le second évoluerait et se modifierait avec l'âge notamment. L'attente de plaisir nous permettrait d'espérer quelque chose de la vie et de ce fait nous donner envie de la vivre.

Pour elle, bien que la lutte et le militantisme soient source de plaisir et d'envie de vivre, elle s'est interrogée sur ce qui la faisait, personnellement, vivre. Elle en a conclu que la simple possibilité de changer ne fût-ce qu'un peu le monde, au détour d'une rencontre notamment, pourrait être suffisante comme raison de vivre. Cependant, elle admet et reconnaît tout à fait que d'autres personnes puissent ne plus avoir envie de vivre... De façon récurrente, Anne Morelli intègre l'importance de la notion de subjectivité dans la définition de vie « viable ».

Finalement, la conférence s'est conclu par une marque de respect et dénuée de jugement face au suicide : « On a tous cette dernière liberté de quitter la vie quand on pense qu'elle ne vaut plus la peine d'être vécue ».